Projection et conférence au Centre Pompidou


Paul Valéry en ses images
Projection et conférence
Mercredi 16 novembre à 19h, Petite salle, Forum -1, Centre Pompidou, Paris

Avec William Marx, Luc Dellisse et Jean-Christophe Cambier, Benoît Peeters évoquera notamment les relations de Paul Valéry avec les peintres, son goût du dessin, son intérêt pour la photographie. Mais aussi les images, parfois encombrantes, qui s'attachent aujourd'hui au nom de l'auteur de Monsieur Teste.
La comédienne Irène Jacob lira plusieurs textes de Paul Valéry.
Rencontre précédée, à 17h30, de la projection du film Paul Valéry de Pierre Dumayet et Robert Bober (dans la série « Un siècle d'écrivains » de France 3).

Entrée libre dans la limite des places disponibles
Plus d'infos sur le site du Centre Pompidou

Lu par Jean Vilar

 
Les poèmes de Paul Valéry dits par Jean Vilar
coll. Poètes d'Aujourd'hui, Pierre Seghers Editions


Vu par Léon-Paul Fargues


«... Il avait réellement le physique de son esprit. Chez lui rien de trouble, rien de voilé, comme on dit d'un mécanisme qu'il est voilé. Rien de mal exprimé. Tout était clair, tout était vigoureusement dit. Dès le premier jour, il fut pour moi un homme de nerfs et de muscles finement orchestrés...
... Il était petit, mais « il se voyait » comme se voit dans une galerie un tableau célèbre. Mais je ne puis mieux le comparer qu'à une note juste. Il était fait pour comprendre, et il comprenait toujours là où il se trouvait. Et tout, chez lui, était sur le même plan : ainsi, il avait peu de voix et semblait peu destiné à des conférences, presque le contraire de l'orateur. Et cependant, on l'écoutait plus qu'aucun autre, parce que sa voix, au delà des « charmes », si j'ose ce mot après lui, possédait les mêmes vertus que son corps. Elle était la voix d'un homme au fait... Son visage, pourtant aussi riche en significations qu'un palimpseste, aussi frappant que le tronc connu de
quelque arbre centenaire et vénéré, son visage recuit, modelé, raboté, doux, homérique, parisien, méditerranéen, scientifique, savoureux, n'attirait l'attention qu'au bout de quelques minutes, mais je pourrais dire de quelques secondes. On voyait d'abord la silhouette comme furtive, comme prudente dans ses certitudes. Puis l'on s'avisait avec stupeur du commandement de cette silhouette au sommet de la machine admirable. L'œil bleu sous l'arcade sourcilière questionneuse... une fleur de bourrache, disait Anna de Noailles... Une bonne couleur de cheveux tordus par l'orage invisible des années, résistante, électrique, le front un peu fuyant mais bien coffré, la peau du front et des joues parcourue de rails et de chemins, le nez au courant de la vie, paisible et jamais dupe, la moustache posée dru, courte, naguère en pointe, plus tard mieux coupée au ras même de la lèvre supérieure, le menton entre les parenthèses des rides qui descendaient militairement des pommettes... Loin d'être une médaille, c'était bien plutôt le visage de la vie comprise et vaincue par l'idée. Là-dessus, souvent s'ajoutait le monocle, luxe d'enfant, petit fanion de cristal. »
(Léon-Paul Fargue, Le Littéraire, 20 juillet 1946.)

Musée Paul Valéry

 
Daniel Mesguich lit des lettres et des poèmes de Paul Valéry à Jeanne Loviton.
A la fin de l’année 1937, au sommet de son succès international, Paul Valéry s’éprend passionnément d’une jeune femme deux fois plus jeune que lui : Jeanne Loviton, qui écrit sous le nom de Jean Voilier. Il a 67 ans, elle en a 35.
Pendant les sept dernières années de sa vie, il lui envoie des milliers de lettres, plus de cent cinquante poèmes et meurt de chagrin lorsqu’elle lui apprend qu’elle va en épouser un autre.
 
Valéry a écrit pour elle plus de 150 poèmes qu’il glissait dans les lettres qu’il lui adressait.
En 1942, il formule le projet de réunir ces poèmes dans un recueil, tiré à deux exemplaires, dont  il parle dans ses lettres à Jeanne. Ce recueil s’appellerait Couronne et serait composé de 14 pièces.
Six  mois plus tard Couronne est devenue Corona et le tirage passe à 10 exemplaires.
Presque au même moment apparaît Coronilla,  « la petite couronne » où seront réunis les poèmes plus légers plus faciles, plus charmants, plus osés.
 
Le jour de Pâques 1945, Jeanne lui apprend son prochain mariage avec Robert Denoël. Il n’y était pas préparé, la fatigue et la maladie s’emparent de lui. Il résiste deux mois en continuant spectacles, visites, dîners, Académie, puis il se couche pour ne plus se relever.
 
ENTRÉE LIBRE

Dialogue de l'arbre

Lecture du "Dialogue de l'arbre" de Paul Valéry (1943) par Frédéric Atlan et Céline Pérot, accompagnés par Anthony Carcone (ambiances sonores).
Jeudi 26 et vendredi 27 mai à 20h30 (ouverture des portes à 19h, restauration sur place). Entrée libre.



La Générale, 14, avenue Parmentier, 75011 Paris

Extrait :
« Une plante est un chant dont le rythme déploie une forme certaine, et dans l'espace expose un mystère du temps. Chaque jour, elle dresse un peu plus haut la charge de ses charpentes torses, et livre par milliers ses feuilles au soleil, chacune délirant à son poste dans l'air, selon ce qui lui vient de brise et qu'elle croit son inspiration singulière et divine... »

Survol mitterrandien

Survolant le cimetière marin, François Mitterrand avait récité les vers de Paul Valéry. Et à l’officier qui s’inquiétait du retard pris avec ce détour, le Président avait rétorqué : "Valéry vaut bien ça !"

(Souvenir de Gérard Saumade, ancien maire, député et président du conseil général de l'Hérault, cité par Philippe Mouret dans Le Midi Libre du 10 mai 2011)